Le SGES baromètre incontournable

Les cadres des Institutions Financières (banques, Institutions de Microfinances, les Coopératives, etc.) essentiellement chargés des opérations ou analyses de dossiers de crédits, de supervision des opérations en rapport avec les divers financements octroyés par lesdites institutions, se sont réunis  pour leur seconde fois  à Bujumbura, en dates du 02 au 5 avril 2025, autour des sessions de formation sur l’élaboration et la mise en œuvre d’un  Système de Gestion Environnemental et Sociale, SGES en sigle. Il s’agit d’un document de référence, exigé actuellement par les PTF, lors des appuis financiers qu’ils accordent à leurs Intermédiaires Financiers. Ce SGES comporte au sommet une Politique Environnementale et Sociale (PES). Avec celle-ci, les institutions financières participantes rédigent et signent des engagements selon lesquels elles tiendront en compte des lois nationales et internationales en matière de sauvegardes environnementales dans toutes les opérations en rapport avec les appuis financiers qu’elles offrent. 


Seul le SGES peut facilement renseigner et prévenir

L’élaboration et la mise en œuvre permettra de relever un certain nombre de défis. A titres illustratifs, les hypothèques (maisons et parcelles) que les clients présentent auprès des institutions financières peuvent entraîner un non remboursement de crédits pour plusieurs raisons : maisons construites dans des zones très sensibles (zones accidentées, zones inondables, aires protégées, etc.) dont le demandeur de crédits veut bien se débarrasser, Il en ait de même pour les couples qui ne sont pas totalement alignés sur les motivations réelles de demande de crédit où l’un d’entre eux se voit obligé d’être accompagné par un (e) inconnu(e). 

Des telles situations se présentent souvent et occasionnent, pour la plupart des fois, des risques et des impacts sociaux négatifs qui sont susceptibles d’entraîner des non remboursements et l’ouverture des dossiers judiciaires dont l’issue est parfois imprévisible. Professeur Ordinaire Charles NIYONKURU, Enseignant-Chercheur de l’Université du Burundi en même temps Consultant Socio-environnementaliste, indique que « le SGES reste un document de référence  dans ce sens qu’il permet à l’Institution Financière de suivre depuis l’amont (dès la conception) jusqu’à l’aval (phase d’exploitation) des projets qu’elles financent. L’un des outils du SGES, à savoir le screening environnemental et social permet d’anticiper en acceptant pas de financer les projets se trouvant dans les listes d’exclusion. Cela permet d’identifier, d’évaluer, de gérer et de suivre en permanence les risques et effets environnementaux et sociaux de chaque projet et sous projets ». Il poursuit en interpellant vivement chaque institution financière de « se doter d’un système de gestion environnemental et social pour prévenir non seulement les risques et conflits mais aussi de s’aligner aux exigences incontournables de presque tous les bailleurs des fonds multilatéraux intervenant dans le développement ». 

Les intermédiaires financiers conscients de l’impératif d’avoir un SGES 

Au clôture des sessions de formation, les participants ont été éveillés comme l’affirme Nicodème Gahimbare, de la BCAB : « J’ai retenu qu’avant de recevoir un projet à financer, il est conseillé de l’analyser minutieusement dans tous ses aspects en se focalisant sur les questions environnementales et sociales, les avantages qu’apportent le projet vis-à-vis de l’environnement, ainsi, une fois s’il est prévisible à l’avance que le projet comporte des lacunes pouvant porter atteinte à l’environnement, l’idéal est d’avoir le courage de dire au client d’aller revoir son projet ». Il poursuit en précisant que « quand bien même le projet est accepté, j’ai bien noté, à travers cette formation, qu’il est indispensable de mettre en place, au sein de nos institutions, un comité chargé de faire un suivi régulier ayant un regard vigilant sur l’environnement et la société. Désormais, nous avons constaté que tant que nous n’avons pas ce comité au sein de nos institutions, c’est vraiment un manquement grave qu’il faut impérativement corriger si nous voulons limiter les risques et les conflits se rapportant sur l’environnement et la société ». Gahimbare termine en interpellant ses collègues du secteur financier que « la dimension environnementale et sociale est une préoccupation planétaire que nous ne pouvons pas s’en passer si nous voulons opérer convenablement et être compétitif sur le marché financier ».

Le SGES indispensable pour le Fond d’Impulsion et de Garantie (FIGA)

Le projet pour l’emploi et la transformation économique, PRETE – NYUNGANIRA, qui a soutenu la tenue de ses sessions de formations à l’intention des institutions financières indique que l’acteur principal est le FIGA qui, à travers les fonds de garanties qu’il va octroyer, dois s’assurer que les parties prenantes comprennent les risques et impacts des projets sur l’environnement, la santé et la sécurité au travail et, le cas échéant, se soumettre aux prescriptions légales prévues en la matière. 


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