Entretien exclusif avec le Secrétaire Permanant de la Cellule Nationale de Renseignement Financier, CNRF
La Cellule Nationale de Renseignement Financier renforce les capacités de ses acteurs en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme au Burundi

À l’occasion de la clôture de la session de formation destinée aux acteurs de la chaîne pénale en matière de Lutte contre le Blanchiment de Capitaux et le Financement du Terrorisme (LBC/FT), notre spécialiste en communication a eu l’opportunité de s’entretenir avec Monsieur Jean-Baptiste BUTOYI, Secrétaire Permanent de la Cellule Nationale de Renseignement Financier (CNRF).


Rémy NDAYISHIMIYE (Spécialiste en Communication / PRETE-NYUNGANIRA) :
Monsieur le Secrétaire Permanent, bonjour.
Jean-Baptiste BUTOYI (Secrétaire Permanent / CNRF) :
Bonjour.
Rémy NDAYISHIMIYE :
Qu’est-ce qui vous a motivé à réunir une quarantaine d’acteurs de la chaîne pénale en matière de LBC/FT ?
Jean-Baptiste BUTOYI :
Nous avons été motivés par la nécessité de renforcer l’efficacité du dispositif national de Lutte contre le Blanchiment de Capitaux et le Financement du Terrorisme (LBC/FT), en particulier à travers une meilleure coordination des acteurs de la chaîne pénale.
L’évolution du contexte international, les exigences des standards du GAFI, ainsi que les résultats de l’Évaluation Nationale des Risques (ENR) ont montré l’urgence de consolider les capacités nationales, en se préparant notamment à une mise en œuvre effective de la nouvelle loi LBC/FT fraîchement promulguée.
Il était donc impératif de sensibiliser, former et mobiliser les magistrats, les officiers de police judiciaire, les enquêteurs et autres professionnels de la chaîne pénale autour de leurs rôles respectifs et complémentaires dans la mise en œuvre du dispositif.
Rémy NDAYISHIMIYE :
Quel(s) message(s) leur avez-vous transmis ?
Jean-Baptiste BUTOYI :
Nous avons voulu leur transmettre trois messages clés :
1. La compréhension commune des concepts et enjeux de la LBC/FT, notamment les définitions précises du blanchiment de capitaux et du financement du terrorisme, ainsi que les obligations découlant des standards internationaux du GAFI.
2. L’importance de la coordination et de la coopération, tant au niveau national qu’international, pour garantir une chaîne pénale efficace, de la détection à la poursuite, jusqu’à la saisie et au recouvrement des avoirs.
3. L’appel à l’action et à la responsabilité, en insistant sur le rôle incontournable de chaque maillon de la chaîne dans l’amélioration du dispositif et dans la mise en œuvre des recommandations de l’ENR.
Rémy NDAYISHIMIYE :
Qu’attendez-vous d’eux ?
Jean-Baptiste BUTOYI :
Nous attendons des acteurs réunis qu’ils :
1. S’approprient les outils juridiques, techniques et opérationnels présentés lors de l’atelier.
2. Renforcent la coopération interinstitutionnelle dans le traitement des affaires LBC/FT.
3. S’impliquent activement dans la mise en œuvre des réformes à venir, notamment dans l’application effective de la nouvelle loi.
4. Restent mobilisés pour faire avancer les procédures de détection, d’enquête, de poursuite et de confiscation des avoirs issus du crime.
Rémy NDAYISHIMIYE :
En quoi est-ce que ces acteurs pourront-être utiles en matière de LBC/FT ?
Jean-Baptiste BUTOYI :
Ces acteurs constituent l’épine dorsale du système répressif en matière de LBC/FT. Leur utilité se manifeste à plusieurs niveaux :
1. Détection précoce des cas suspects.
2. Enquête rigoureuse et professionnelle sur les faits potentiels de BC/FT.
3. Poursuite judiciaire efficace, fondée sur des preuves solides.
4. Prononcé et exécution des sanctions, y compris la saisie des avoirs.
Rémy NDAYISHIMIYE :
Quel est votre message à l’endroit du projet PRETE-NYUNGANIRA qui a rendu possible les travaux de ces ateliers ?
Jean-Baptiste BUTOYI :
Nous exprimons notre profonde gratitude au projet PRETE-NYUNGANIRA pour son appui constant au renforcement du dispositif national LBC/FT. Grâce à son soutien, ces ateliers ont pu réunir une diversité d’acteurs clés autour d’un objectif commun : rendre notre système judiciaire plus apte à détecter, enquêter, poursuivre et sanctionner les crimes financiers.
Nous saluons la pertinence de cette initiative et appelons à la poursuite de ce partenariat stratégique, indispensable pour faire face aux défis actuels et futurs de la criminalité financière.
Rémy NDAYISHIMIYE :
Monsieur le Secrétaire Permanent, je vous remercie pour l’entretien accordé.
Jean-Baptiste BUTOYI :
C’est moi qui vous remercie. N’hésitez pas de solliciter la CNRF pour d’autres occasions. Le Secrétariat permanent est toujours disponible et prêt à partager les informations nécessaires visant à sensibiliser tout citoyen burundais.




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